La désobéissance

Edito : la saison 2021-2022

Ils ont désobéi

Diogène vivait quasi nu, dans un tonneau, il se masturbait sur la place publique, et critiquait haut et fort le roi Alexandre. Il a désobéi aux conventions sociales. Antigone est allée contre l’interdiction du roi Créon d’enterrer son frère comme il se devait, remettant en cause le principe même de la légitimité royale. Elle a désobéi en le payant de sa vie… L’enfant, lui n’est-il pas le symbole même de l’obéissance due à des parents soucieux de son bien-être ? Et qu’en est-il de l’obéissance «aveugle» du soldat face au gradé lui-même soumis à une hiérarchie, l’entraînant à commettre le pire, pris dans la glue de l’inertie collective ?

Quand obéissons-nous ?

Et nous, quand obéissons-nous ? A quoi et surtout comment ? Et quand devons-nous désobéir et pourquoi ? Quelle est la différence entre la soumission, le conformisme de tradition et quelle différence y a-t-il entre la révolte, la résistance, la réforme, la rébellion ?

La situation que nous vivons aujourd’hui entraîne perte de liberté et mesures extrêmes… nous pensons qu’il est plus que temps de nous poser ces questions avec vous et à travers la création artistique, dans toute sa puissance imaginaire, seule capable de nous permettre de faire face à la réalité, de préserver le «soi public, notre intimité politique. Il est en nous, puissance de jugement, capacité de penser, faculté critique. C’est depuis ce point en nous que sourd le refus des évidences consensuelles, des conformismes sociaux, du prêt-à-penser.» (1) Malgré toutes les difficultés auxquelles le Théâtre de la parole a dû faire face pour maintenir son espace scénique ouvert au public, nous sommes heureuses de vous présenter un début de saison tourné vers la «dissidence civique» (2) que nous voulons contagieuse.

(1) (2) Frédéric Gros, Désobéir, édition Champs (Essais)

Edito : la saison 2021-2022 par Magali Mineur